Buenos Aires-Santiago puis Santiago-Puerto Montt: 2 500 kilomètres en moins d’une semaine!
Les candidats se démobilisent petit à petit, basculent dans la fiction, s’abandonnent à leurs rêveries.
Philippe sort de l’ascenseur en nous annonçant d’une voix grave : « J’arrête le Raid. Je rentre sur Paris. »
Depuis 1976, Martha n’a eu aucune nouvelle de sa fille. Ni vivante. Ni morte. Disparue.
C’est un moment historique auquel nous assistons : le « printemps des Argentins » dans la lumière dorée de l’hiver.
Des divorces se consument lentement. Certains assurent seuls la marche de l’équipage en trouvant et tournant le sujet hebdomadaire.
Les enfants en haillons s’accrochent à nos portières, un joueur de guitare sous son bonnet à pompon nous donne l’aubade.
La moitié des équipages s’envole pour Salta, afin d’y tourner un reportage, car nous craignons que l’altiplano bolivien n’achève définitivement nos voitures.
La Paz nous apparaît, immense. Fantastique, féerique, incroyablement irréelle dans cette dépression.
Je ne regarde pas où je vais et disparais d’un seul coup sous le niveau de l’île, la caméra vole en l’air…
